Imaginez-vous au début du 19ème siècle.... les humains sortent de conflits et de révolution sanglantes, les animaux ne sont que des "outils de travail"... et pourtant... c'est à ce moment là que la souffrance animale devient un sujet passionnant et passionné. Un peu partout en Europe naissent des sociétés dont l'objectif est de protéger les animaux, faire comprendre à tous que l'animal est un être vivant et que le respect lui est dû.
C'est en Angleterre que débute le mouvement de protection des animaux. Lord Erskine propose en 1809 une disposition légale qui réprime les mauvais traitement infligés aux animaux. Dès lors, des sociétés protectrices des animaux naissent un peu partout : En Angleterre en 1824, à Stuttgart en 1837, à Paris en 1840, à Berne en 1844...
A Genève, la "Société Genevoise d'Utilité Publique" est représentée par un comité de personnalités importantes pour le canton. Elle avait été créée en 1828 afin d'étudier et faire connaître les établissements fondés en Suisse pour soulager la misère. Elle permet des contacts internationaux et des échanges inestimables pour le bien de tous. La "société Bâloise pour le bien et l'utile" lui adresse en 1851 un rapport qui explique les mauvais traitements infligés aux animaux et les lois qui peuvent en découler. Ce rapport sera traduit et proposé en séance en décembre 1851, les objectifs étant avant tout de sensibiliser la jeunesse à la souffrance animale et proposer un écrit sur le sujet. Malheureusement le Grand Conseil n'y répondit pas. Dès lors, plusieurs personnalités de l'époque écrivirent régulièrement des nouvelles ou des lettres ouvertes dans les journaux ou aux autorités.
Enfin, le 30 avril 1868, la Société Genevoise pour la Protection des Animaux (SGPA) est fondée. Les membres fondateurs sont Messieurs Eugène de Budé, Ernest de Traz, Gustave Moynier, Henri Laserre, Louis Appia, Henri Murisier. Eugène de Budé sera le principal fondateur, il prendra la charge de secrétaire général et gardera ce poste pendant 39 ans ! Henri Murisier fut nommé président, il gardera ce poste jusqu'à son décès le 21 avril 1893.
A l'époque, la SGPA est surtout un combat, une source d'informations, une protection de chaque jour des animaux qui rendent alors à l'humanité de grands services. Dès sa création, la SGPA compte sur ses adhérents afin de soutenir ses combats et garder à flot les finances.... La première cotisation demandée était de 1 franc ! Rapidement un millier d'adhérents ont soutenu la cause de la nouvelle société.Le cheval de bataille de l'époque : "Agir sur l'opinion publique, de la former et de la gagner à notre cause".Et déjà à l'époque, des combats qui nous semblent familier : les abattage rituels, la vivisection, les maltraitances par des particuliers et la nécessité de forger des lois qui protègent les animaux.
Un petit local est occupé par la toute jeune SGPA, au 5 rue Dancet. Cinq boxes y sont aménagés, ils seront très rapidement sur-occupés.
Début du 20ème siècle, les guerres mondiales donnent bien d'autres soucis à tous les Genevois. La SGPA est oubliée au fin fond d'un tiroir, les adhérents ont tous démissionné, elle ne semble être qu'un souvenir...Les comités se succèdent, les crises sont monnaie courante, l'argent manque. La SGPA ne comptait que sur un miracle pour que la situation s'améliore.
En 1976, Louis Garin avant sa démission créera la "Fondation de la Société Genevoise pour la Protection des Animaux" et Monsieur René Veit prendra la présidence. Après bien des travaux, le refuge de Vailly est opérationnel, avec entre autre des boxes chauffés. Dès lors, employés et bénévoles travaillent ensemble afin que chaque animal remis au refuge soit correctement traité, nourri, soigné, que son placement soit optimal et que des enquêtes soient effectuées chez les particuliers.
En 2010, les portes ouvertes du refuge présentent aux visiteurs nombreux la nouvelle pension, la nouvelle chatterie ainsi que les nouveaux parcs d'ébats.
Les présidents de la SGPA depuis la renaissance du refuge :